Vous êtes compétente ou compétent, reconnue par celles et ceux qui vous connaissent… mais invisible pour les autres. Les opportunités professionnelles passent mais elles vont à quelqu’un de moins qualifié que vous mais plus « visible ». Ce n’est pas une question de talent. C’est une question d’image professionnelle. Et bonne nouvelle : la construire ne nécessite pas de devenir quelqu’un que vous n’êtes pas.
L’ARTICLE EN BREF
Le personal branding, c’est la gestion consciente de l’image que vous projetez professionnellement, en ligne comme en présentiel. Ce n’est pas se vanter, ni être partout sur les réseaux sociaux. Les points à retenir :
– La première impression se forme en moins d’une seconde et elle se joue désormais majoritairement en ligne, avant toute rencontre physique.
– Les conseils de personal branding classiques sont contre-productifs pour les profils timides ou introvertis.
– Construire une image professionnelle solide ne nécessite pas de devenir quelqu’un d’autre, cela nécessite de rendre votre expertise visible, sur votre terrain, à votre rythme.
SOMMAIRE
- Pourquoi le réseautage vous épuise en tant que profil introverti
- Les conseils de personal branding ne fonctionnent pas pour tout le monde
- Qu’est-ce que le personal branding ? Et à quoi ça sert ?
- Personal branding et réseautage : comment laisser les opportunités venir à soi
- Foire aux questions
Pourquoi le réseautage vous épuise en tant que profil introverti
Il y a quelques années, j’assistais à un événement professionnel. Le genre de soirée où tout le monde échange des cartes de visite et autres comptes LinkedIn, parle fort, et semble trouver ça absolument naturel. Moi, au bout de vingt minutes, j’avais épuisé ma batterie sociale et je n’avais qu’une envie : me rouler dans mon plaid tout doux avec une petite tisane devant Netflix. Non pas parce que les gens étaient désagréables, mais simplement parce que aller vers des inconnus, me « vendre », sourire en boucle… ça me coûte mon énergie.
Pourtant, en tant que professionnelle de la communication, je suis bien placée pour savoir que l’image que l’on renvoie compte… et parfois même plus que ce que l’on fait réellement. Oui, l’image compte pour trouver un job, ça compte pour entretenir de bonnes relations interpersonnelles avec des collègues, pairs, partenaires professionnels, ça compte pour toutes les opportunités professionnelles en réalité. Pour une raison simple, si on ne sait pas ce que vous faites, on ne pensera à vous proposer quelque chose.
Mais trouver l’équilibre entre réseauter activement et mon confort social, c’est compliqué. Ce soir-là, j’ai pris une décision que je n’ai jamais regrettée : je n’essaierais plus de fonctionner comme une extravertie que je ne suis pas. À la place, j’allais construire une image professionnelle suffisamment solide pour que les opportunités viennent à moi, sans que j’aie à aller les chercher dans des salles bondées.
Les conseils de personal branding ne fonctionnent pas pour tout le monde
Ouvrez n’importe quel article sur le personal branding. Vous allez lire : « soyez présent sur LinkedIn », « networker sans relâche », « publiez tous les jours », « allez aux événements », « prenez la parole en public dès que possible ». Alors… ce n’est pas faux, mais ce n’est pas forcément à la portée de tout le monde, je le sais bien.
Pour une ou un introverti, les appliquer à la lettre c’est s’épuiser à contre-sens. Vous pouvez tenir quelques semaines, parfois quelques mois et puis vous décrochez, vous culpabilisez, vous vous dites que vous n’êtes pas fait pour ça. Peut-être que vous essayez de vous convaincre que « Linkedin, c’est trop superficiel pour vous ».
J’ai vécu ça.
Journaliste, j’ai appris à interviewer, à écouter, à poser les bonnes questions, à regarder/valoriser l’autre. Ce que je n’ai jamais appris, c’était valoriser ce que moi, je sais faire. La posture de l’interviewer, c’est l’effacement au service du sujet. Et il se trouve que maintenant, je travaille dans la fonction publique : autrement dit l’effacement au service de l’intérêt général. S’invisibiliser au profit d’un cause ou d’un intérêt plus grand que soi : c’est altruiste, mais ça n’aide pas à décrocher des opportunités professionnelles.
Résultat : pendant longtemps, j’ai appliqué des stratégies de visibilité qui ne correspondaient pas à qui j’étais : je me forçais à publier sur LinkedIn, juste pour publier, sans réelle stratégie et sans réel objectif clair. Et en plus, ça ne marchait pas. C’était épuisant et peu efficace.
Qu’est-ce que le personal branding ? Et à quoi ça sert ?
Personal branding ? Réputation ? Image professionnelle ? Image personnelle ?
Voilà ce que j’ai compris, et que j’aurais aimé lire dix ans plus tôt : le personal branding ne signifie pas se vanter, se la raconter et occuper l’espace partout, tout le temps. Il signifie trouver l’équilibre entre qui vous êtes/ce que vous savez faire… et ce que les gens pensent de vous.
Vous le savez : qu’on le veuille ou non, on se fait une opinion sur quelqu’un en quelques secondes. Donc oui, la première impression compte. Et oui, c’est parfaitement superficiel et injuste.
Dans un article de 2006, paru dans Psychological Science (article en anglais), on apprend : « Une série d’expériences menées par les psychologues de Princeton Janine Willis et Alexander Todorov révèle qu’il suffit d’un dixième de seconde pour se faire une impression d’un inconnu à partir de son visage, et que des expositions plus longues ne modifient pas significativement ces impressions (bien qu’elles puissent renforcer votre confiance dans vos jugements). Leur recherche est présentée dans leur article « First Impressions », publié dans le numéro de juillet 2006 de Psychological Science. Que cela vous plaise ou non, les jugements basés sur l’apparence faciale jouent un rôle puissant dans la façon dont nous traitons les autres et dont nous sommes traités. Les psychologues savent depuis longtemps que les personnes attirantes obtiennent de meilleurs résultats dans presque tous les domaines de la vie. Les personnes au visage « mature » reçoivent des peines judiciaires plus sévères que celles au visage « bébé ». Et avoir un visage qui paraît compétent (plutôt que fiable ou sympathique) peut beaucoup compter pour être élu à un poste public. »
Parfois, cette première impression se fait sur Internet. Par exemple : de la même façon que vous recherchez des infos sur le Web sur une entreprise avant de postuler, des recruteurs et recruteuses font de même quand ils et elles reçoivent votre CV. Et qu’est-ce qu’il se dit sur vous quand vous tapez votre nom sur Google ? Rien car vous n’existez pas en ligne (c’est un choix) ? Votre compte LinkedIn pas à jour ressort (ouh la, pas bien 🫠) ? Votre compte Facebook un peu douteux que vous n’actualisez plus depuis des années (pas bien du tout 🫣) ? Votre compte Insta sur lequel on voit vos photos de soirées et/ou vos photos de famille (archi pas bien, allez vite modifier vos paramètres de confidentialité 😲) ? Ou bien des articles que vous avez écrit sur votre compte LinkedIn ou blog qui témoignent de votre expertise (bien 🤩!) ? D’où l’importance de soigner son image !
Et si vous trouvez que le terme « personal branding » sonne un peu trop « influenceur Instagram qui cherche les paillettes », changez d’intitulé et parlez plutôt d’image professionnelle, de réputation professionnelle voire de e-reputation. Car finalement, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait un petit goût sympa.
Valorisez votre savoir-faire, vous le méritez
Exister sur Internet, ne veut pas dire multiplier les selfies à tout prix pour envahir Google Images. Ne cherchez pas à être vu à tout prix, cherchez plutôt à ce que votre expertise soit vue et connue. La différence est importante : ce n’est plus « vous » que vous affichez, mais c’est surtout votre « expertise ». Autrement dit : valorisez ce que vous savez faire. Pourquoi « valoriser » ? Voyons… Ne me dites pas que vous vous sentez pleinement reconnu·e dans votre job, je sais que c’est faux.
in. Et si vous en doutez, c’est probablement que vous n’avez pas (encore) conscience que vous avez, vous aussi, envie voire besoin de reconnaissance professionnelle.
Personal branding et réseautage : comment laisser les opportunités venir à soi
Si vous avez du mal à aller vers les autres pour réseauter professionnellement (parole d’introvertie !), faites en sorte que que votre réputation vous précède. Cela permettra aux plus extravertis de venir vers vous pour échanger !
Mais pour se créer une (bonne) réputation et asseoir votre autorité sur un sujet, il est nécessaire de soigner votre personal branding notamment en rendant votre expertise visible. Vous voyez : beaucoup moins superficiel qu’on ne le penserait !
Foire aux questions (FAQ)
AUTRICE : Cet article a été écrit par Allyson Jouin-Claude, ancienne journaliste devenue experte en communication numérique & marque employeur dans la fonction publique territoriale. Et également formatrice pour Samsa.fr.
